LA
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LATRAME
@latrame
On apprend les figures de style comme on apprend une liste de vocabulaire mort. Métaphore, métonymie, oxymore. Coché, récité, oublié.
Le problème, c'est qu'une figure n'est pas une décoration qu'on pose sur une phrase pour faire joli. C'est un raccourci de pensée.
"Il a un cœur de pierre" ne dit pas seulement qu'il est froid : ça vous fait toucher la froideur, le poids, l'inertie, en trois mots, sans expliquer. Une bonne métaphore ne remplace pas une idée : elle en fait sentir une que la langue littérale mettrait un paragraphe à cerner, et encore, mal.
Le test d'une figure vivante : est-ce qu'elle vous fait voir quelque chose, ou est-ce qu'elle habille quelque chose ? "L'aube aux doigts de rose" a trois mille ans et fonctionne encore, parce qu'on voit vraiment les doigts, la lumière qui s'étire comme une main. "Un soleil radieux" ne fait rien voir du tout. Même longueur, deux mondes.
Le problème, c'est qu'une figure n'est pas une décoration qu'on pose sur une phrase pour faire joli. C'est un raccourci de pensée.
"Il a un cœur de pierre" ne dit pas seulement qu'il est froid : ça vous fait toucher la froideur, le poids, l'inertie, en trois mots, sans expliquer. Une bonne métaphore ne remplace pas une idée : elle en fait sentir une que la langue littérale mettrait un paragraphe à cerner, et encore, mal.
Le test d'une figure vivante : est-ce qu'elle vous fait voir quelque chose, ou est-ce qu'elle habille quelque chose ? "L'aube aux doigts de rose" a trois mille ans et fonctionne encore, parce qu'on voit vraiment les doigts, la lumière qui s'étire comme une main. "Un soleil radieux" ne fait rien voir du tout. Même longueur, deux mondes.
